Nous envoyons à nouveau la pensée comme une lettre, comme un billet doux que nous déposons dans vos boîtes aux lettres. Si ça vous dit, vous pouvez en faire la demande à myriam.rubis@gmail.com

NB : La pensée part souvent soit dans les indésirables/spams, soit dans des dossiers/catégories qui peuvent s'appeler " commercial ", les boîtes de réception n'aimant pas trop les envois en nombre qu'elles interprètent comme de la publicité. Il faut donc aller repêcher la pensée dans ces sous dossiers.

 

Pensivement vôtre

" L'épopée de Gilgamesh fut découverte à Sumer, gravée sur des tablettes d'argile. C'est le plus ancien texte qui nous soit parvenu. Et que conte-t-il ? L'aventure d'un homme qui refuse d'accepter le sort commun des êtres : la mort. Gilgamesh part donc à la recherche de la vie infinie. Au terme d'un prodigieux voyage peuplé de monstres infernaux il rencontre, sur une ile brumeuse entre monde et néant, Outanapishtim l'immortel. C'est un vieillard de mille ans d'âge. Il est assis, vêtu de blanc, devant une étroite fenêtre. Il contemple la mer, la brume. Gilgamesh le salue.
- Je suis venu chercher le secret de l'immortalité, lui dit-il. Comment, toi seul au monde, as-tu vaincu la mort ?
- C'est une longue histoire, répond Outanapishtim.
Ses yeux se font rêveurs, comme s'il évoquait un lointain souvenir d'enfance.
- Au temps où j'étais un vivant ordinaire, un terrible déluge inonda la terre. Pour sauver ce qui pouvait l'être j'ai construit, à la hâte, une arche. J'ai accueilli un couple de chaque espèce animale, et un brin d'herbe de chaque pays du monde. Quarante jours nous avons navigué. Puis les eaux se sont retirées. Alors Ea, le dieu de la sagesse, m'a conduit ici, sur cette ile, dans cette maison qui me fut offerte pour demeure éternelle.
Quelques siècles avant la Bible, voici pour la première fois évoqué le déluge, et mentionné le nom sumérien de Noé. Le vénérable vieillard écoute Gilgamesh qui le prie de l'aider et le prend en pitié.
-Au fond de la mer, lui dit-il, est un arbre. Celui qui goûtera son fruit restera jeune à tout jamais.
Gilgamesh court sur la plage, s'enfonce dans la mer, découvre ce qu'il cherche. Il cueille la pomme immortelle. Il prend le chemin du retour. Avant d'entrer dans sa ville d'Ourouk il se repose un instant. Il se baigne dans une source fraîche. Alors un serpent sort des broussailles, saisit le fruit précieux qu'il a laissé sur la rive avec ses vêtements, et l'emporte.
L'immortalité ne saurait être donnée aux hommes, conclut l'auteur anonyme de l'épopée. “Remplis-toi la panse, dit-il, demeure joyeux jour et nuit, danse, amuse-toi, regarde tendrement l'enfant qui te tient la main et fais le bonheur de la femme qui se serre contre toi. C'est là ta vie, ne cherche pas plus loin. "

 

 

(Henri Gougaud, L'Almanach mais vous ne le trouverez plus)

 

 

" A-t-on jamais vu un arbre refuser de vivre en été, sous prétexte que son printemps fut beau ? Combien de discours, combien d'exercices spirituels a-t-on inventés pour tenter de nous persuader qu'il faut vivre l'instant, esprit, cœur et corps présents là où la vie nous a plantés ! L'arbre sait faire cela. Quand ses feuilles jaunissent et tombent, les retient-il ? Non, il épouse l'automne, puis l'hiver, et la renaissance du printemps. C'est de lui, et non des livres de philosophie, que nous avons le plus à apprendre ! Quant à la pierre, long est le chemin qui mène à la Présence cachée au cœur de son silence. Elle est, elle, hors du temps. Le temps de la pierre, c'est l'infini. "

 

(Henri Gougaud et Churla dans un livre à paraître)
" La pauvreté de vocabulaire, ça n'existe pas ! La vraie pauvreté, c'est la langue de bois. C'est un vocabulaire vide, sans personne dedans. Il n'y a pas de mots plus pauvres que d'autres, il y a des mots plus ou moins habités. Si tu habites tes mots, ils sont vivants. Et c'est bien là l'essentiel. "
 
(Henri Gougaud, pendant un atelier)

" Il n'est guère aujourd'hui de débats, publics ou privés, qui ne soient des duels de sourds, ou des déchirements de charognards.
Dans les écoles rabbiniques, les combats étaient autrefois d'une autre sorte. S'il arrivait qu'un étudiant découvre une interprétation nouvelle à quelque sentence sacrée, un contradicteur se levait aussitôt et tentait de réfuter l'idée de son confrère, point pour le rabaisser mais au contraire pour le forcer à préciser et affiner sa trouvaille. Ainsi, de réponses en questions, d'entraves en percées de sens neuf, la pensée avançait, portée par deux voix contradictoires semblables à deux pieds en marche. Et quand l'un des deux hommes parvenait enfin, au bout de son chemin de paroles, à une vérité que son compagnon ne pouvait contrebattre, ils s'embrassaient, contents ensemble. "

 
(Henri Gougaud, Le fils de l'ogre)

" Les mirages ne mentent pas. Les villes vues entre ciel et dunes, comme les femmes espérées, existent bel et bien. Elles ne sont pas où elles paraissent être, voilà tout."

 

(Henri Gougaud, Le fils de l'ogre)

 

 

 

« Je crois qu’une feuille d’herbe n’est en rien inférieure au labeur des étoiles,
Et que la fourmi est également parfaite, et un grain de sable, et l’œuf du roitelet,
Et que la rainette est un chef d’œuvre digne du plus haut des cieux,
Et que la ronce grimpante pourrait orner les salons du ciel,
Et que la plus infime jointure de ma main l’emporte sur toute mécanique,
Et que la vache qui broute tête baissée surpasse n’importe quelle statue
Et qu’une souris est un miracle capable de confondre des milliards d’incroyants. »

(Walt Whitman)

 

 

« Il faut prendre à César tout ce qui ne lui appartient pas »
 
(André Breton)

" N'oubliez jamais ça : on touche chez l'autre le lieu à partir duquel on parle en soi. D'où la nécessité de se bien connaître, de savoir de quel lieu on parle. "

 

(Henri Gougaud, en atelier)

 

 

" Un souffle distingue le bien du mal.
Un souffle sépare la certitude du doute.
Chéris à jamais ce souffle.
Il est la moisson de notre être. "

 

(Omar Khayam)

 

 

" Faites de temps en temps des lessives de mots. Si, par exemple, je dis que je raconte pour servir la vie, qu'est-ce que j'entends par là ? Qu'est-ce que mon corps, mes sens entendent par-là ? Leur réponse est : attiser le désir de vivre, de faire un pas de plus, d'aller au moins jusqu'à demain. Vous voyez, " servir la vie ", si on ne le nettoie pas, a quelque chose de grandiloquent, de vaguement prétentieux. Si on le nettoie, cela permet simplement de préciser l'intention, et donc d'être plus efficace. Nettoyer les mots aiguisera votre parole, la rendra plus forte et plus droite. Si vous restez dans le flou, vous êtes comme un escrimeur dans le brouillard. "

 

(Henri Gougaud, en atelier)

 

 

" Samuel est vieux, fatigué, râleur comme toujours, amer comme jamais. Il a décidé, ce jour-là, de demander des comptes à Dieu. « Après tout, se dit-il, j’ai le droit de savoir ce que je Lui ai fait pour qu’Il m’ait imposé l’absurdité de vivre ». Et s’adressant au Tout-Puissant :
- Pourquoi ne me parles-Tu pas ? Au ghetto, quand j’étais enfant, les autres se moquaient de moi, j’étais malingre, timoré, et je Te demandais ce qui justifiait, Seigneur, que Tu me laisses errer tout seul dans la cour de récréation. Rien, jamais. Aucune réponse. Plus tard, j’ai épousé Sarah. Je T’ai demandé : « Ai-je tort ? Sera-t-elle une bonne épouse ? » Et Toi, là-haut, toujours muet. J’ai eu des soucis, Tu le sais, le monde des affaires est dur, et les études des enfants m’ont coûté les yeux de la tête. J’ai eu des maîtresses, j’avoue. Mais je me suis senti coupable, signe évident à mon avis, que je n’avais pas mauvais fond. Combien de fois T’ai-je prié de me montrer le bon chemin ? As-Tu une fois répondu, tendu l’index à droite, à gauche ? Rien, pas la moindre remontrance, pas le moindre pardon non plus. Je suis maintenant retraîté. J’ai tout mon temps. Alors, dis-moi. Je ne veux pas mourir ainsi sans jamais T’avoir entendu. Pourquoi ce silence, Seigneur ? Réponds-moi, je T’en prie. J’écoute.
L’énorme voix qui dans sa tête résonna comme un craquement de tonnerre apocalyptique le laissa la bouche béante et les yeux comme des œufs durs.
- Parce que, Samuel, tu m’agaces, tu me saoûles, tu m’exaspères ! Tu ne peux pas te taire un peu ? "
 
(Henri Gougaud, L'Almanach)

« Jamais mieux qu’au terme des quatre derniers siècles de son histoire l’homme occidental ne put-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il retirait à l’autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière constamment reculée servirait à écarter des hommes d’autres hommes »

 

(Claude Lévi-Strauss)

 

 

 

 

 

 

" Le faible n'est que celui qui ignore sa force. "

(Nahman de Bratslav)

 

 

 

 

 

 

 

" Le danger est que les hommes prennent l’écriture comme quelque chose qui parle et qui soit capable de remplacer la Connaissance. "
 
(Platon)

" Un jour, un soufi vit une table vide et, pris d'extase, il se mit à danser et à déchirer ses vêtements en criant : " La voici ! La nourriture de toutes les nourritures ! Le voici ! Le remède à toute famine ! "
D'autres soufis arrivèrent alors et se joignirent à lui, remplis d'ivresse et d'émotion. Un sot vint à passer, qui leur dit :
" Mais qu'est-ce que cette idiotie ? Il y a bien une table mais il n'y a même pas de pain dessus ! "
Le soufi lui répondit :
" Ô apparence insensée ! Va-t-en ! Si tu ne connais rien de l'amour, n'importune pas les amoureux ! Car la nourriture de l'amoureux, c'est l'amour de pain sans pain ! Le fidèle n'a pas d'existence. Il fait des gains sans avoir de capital. Il n'est pas possible qu'un enfant qui tète mange."

 

(Djalal al-Din Rumi, Le mesnevi)

 

 

 

 

 

 

“ Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie ; il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux. ”

(Montesquieu)

 

 

 

 

 

 

 

" Le désert. L’ombre d’une dune. Un homme est là, qui fait la sieste. Il dort, la tête sur son bras. Paix infinie. Feu du soleil. Un petit serpent sort du sable, il escalade l’endormi, se glisse le long de son cou, s’enfonce dans sa bouche ouverte. L’homme sursaute, il se redresse, exorbité, les poings au col. Quelque chose remue dans sa gorge. Il étouffe. Il veut tousser, il ne peut pas. Le voilà qui se prend d’effroi.

Un cavalier vient droit sur lui. L’affolé tente de crier. Tout son être appelle au secours. Il ne peut faire mieux qu’un signe. Il râle comme un moribond, à genoux, courbé, suppliant. Le cavalier bondit à terre, s’approche, sa cravache au poing, et sans le moindre mot le fouette et l’accable de coups de pied, l’empoigne, le gifle, le jette. L’autre veut fuir, il tombe, éructe, se prend de terribles nausées, vomit enfin le serpenteau. Il reprend vie, à quatre pattes, sort peu à peu de son brouillard. « Quel est ce fou furieux, se dit-il, ce brigand, cet abominable voyou qui m’est tombé dessus comme un chien enragé ? Est-il encore là ? Va-t-il m’assassiner ? » L’homme lève le front, regarde de côté. L’étrange cavalier est remonté en selle. Il éperonne sa monture. Il s’en va sans le moindre mot.

L’autre, le regardant s’éloigner au galop, comprend alors que l’inconnu vient de le sauver de la mort. Le rosser sans perdre un instant en jérémiades inutiles était le seul moyen de révulser son corps et de le délivrer du mal qui l’étouffait. On dit que les démons singent parfois les anges. L’inverse est aussi vrai, plus souvent qu’on ne croit. " (Henri Gougaud, Le livre des chemins)

 

" Les châtiments de la cave sont parfois les bénédictions du grenier." (Proverbe africain)

 

 

" Trente rayons convergent vers le moyeu,
mais le vide entre eux fait avancer le char.
D'une motte de glaise, on façonne la jarre,
mais c'est le vide en elle qui en donne l'usage.
Murs, portes et fenêtres forment la maison,
mais le vide de la chambre permet d'y habiter.
Voici l'explication :
la matière est utile
l'immatériel seul donne l'usage véritable. "
 
(Lao Tseu)

 

" Je voudrais bien savoir où est l’école où l’on apprend à sentir. "

 

(Denis Diderot)

" Deux biens sont pour nous aussi précieux que l'eau ou la lumière pour les arbres : la solitude et les échanges. L'enfer est le lieu où ces deux biens sont perdus. "

(Christian Bobin, La présence pure)

 

" En toutes les âmes du monde est cette tranquillité de lac que rien au monde ne saurait troubler, ni même atteindre, sauf le reflet du songe que l’on appelle Dieu. "

 

(Henri Gougaud, Paramour)

 

 

 

" L'éducation n'est qu'un tissage de regards. "

 

(Christiane Singer, Derniers fragments d'un long voyage)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers assoiffés (de savoir !), voici :
 
" Le vin, c’est l’élixir de vie, et voici le mois de vendanges. Septembre. En cette fin d’été, c’est l’immortalité qu’on cueille dans les vignes. « En vin est vérité cachée », dit Rabelais. Parole d’ivrogne ? Non, de sage. C’est par une feuille de vigne que l’écriture sumérienne (la plus ancienne du monde) désigne la vie. Et pense au dernier repas du Christ en compagnie de ses apôtres. « Ceci est mon sang », dit Jésus en levant sa dernière coupe. Et il espère un vin nouveau offert par Dieu dans son Royaume. Osiris en Egypte, Bacchus à Rome, Dionysos en Grèce avaient fait avant lui de ce breuvage rouge celui des Immortels.
Le vin, depuis le fond des âges, est donc considéré comme le bien le plus précieux du monde. Cela peut paraître exagéré, car il n’est pas, loin s’en faut, une nourriture vitale. Pourtant le blé, le riz, plus nécessaires et substantiels, sont bien moins prestigieux que lui. C’est que le vin exerce sur l’âme des effets tant exaltants qu’effrayants. Or, qui exalte et terrifie tour à tour ? Dieu le Père. Donc Dieu est dans le flacon rouge, rouge, d’ailleurs, comme le sang, fluide vital. Si Dieu avait une couleur, assurément il serait rouge.
Vieilles croyances, diras-tu, et dangereuses balivernes. La science a fait table rase de tout cela. On sait maintenant que ce sacré picrate n’est guère bienfaisant, et que l’alcoolisme est plus qu’un vilain défaut : un fléau. L’Ancêtre n’en disconvient pas. Il dit que le père Satan s’en fut voir un beau jour Noé, qui plantait sa première vigne, et lui proposa de l’aider. L’autre accepta. Alors le Malin en cachette égorgea un agneau, un lion, un porc, un singe, mêla leur sang, et alentour des jeunes ceps il le répandit sur la terre. Depuis ce temps, qui boit est doux comme un agneau, puis s’imagine être un lion, puis devient grossier comme un porc et grimace enfin comme un singe.
Qu’importe. « Mon bien-aimé m’a fait entrer dans la maison du vin et son étendard, au-dessus de moi, c’est l’amour ». Ainsi parle la voix parfaite du Cantique des Cantiques. Au crépuscule de l’été, la passion amoureuse, la joie, la sagesse et la vérité font la plus troublante des fêtes. Septembre n’a ni l’innocence d’avril, ni la puissante plénitude de juillet. C’est le temps, magnifique encore, où le jour perd de sa vigueur, où l’on se pressent périssable. Au grand Khayyam, qui a tout dit des terreurs et bonheurs de vivre, le dernier mot :
 
« Du vin, des torrents de vin !
Qu’il bondisse dans mes veines, qu’il bouillonne dans ma tête !
Ne parle plus, tout n’est que mensonge.
Des coupes, vite !
J’ai déjà vieilli… »
 
(Henri Gougaud, l'Almanach)

" Simon, parmi les herbes et les coquelicots crépusculaires, resta un moment à contempler ces lointains, le visage fraîchi par la brise piquante. Aucun chemin n’y était visible. Il lui vint à l’esprit que son âme était pareillement immense et dépourvue de routes à suivre. Nul ne le conduisait, nul ne l’avait jamais conduit. En vérité, son destin s’inscrivait derrière lui, à chaque empreinte de ses pas. Il était libre d’aller où il voulait dans le grand cercle de sa vie. Il l’avait toujours été. Il vit voler des oiseaux, au dessous de lui, dans la vallée. « Le ciel est partout », se dit-il. "

 

(Henri Gougaud, L'homme à la vie inexplicable)

" C'est ce que nous faisons avec ce que nous avons, et non avec ce qu'on nous donne, qui fait la différence entre les gens. "


(Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté)

Bonjour à tous,

Ci-dessous un conte à l'enseignement véritablement écologique :

 

" Sur la route d’Englebelmer fut autrefois un spectre rare. Il souffrait de rhume chronique. Peut-être était-il allergique aux vivants qui passaient, la nuit, sur ce bout de monde désert où il errait sans feu ni lieu, ni cache-nez, ni mouchoir propre. Le fait est qu’il éternuait dès qu’il sentait, sur le chemin, l’odeur d’un voyageur terrestre. On l’appelait l’Eternueu, et pour être fantômatique il n’en faisait pas moins sonner, dans la grisaille silencieuse, des chapelets d’éternuements dignes d’un chanteur d’opéra dans une cathédrale froide. Evidemment, il effrayait. Les gens entendaient dans la brume des élans de nez chatouillé, un couinement annonciateur, un rugissement fracassant suivi d’un soupir satisfait. Et comme ils ne voyaient personne, ils s’enfuyaient éperdument.
Il arriva pourtant, par une nuit d’automne, qu’un jeune paysan oublia d’avoir peur. Cheminant sur la lande vague il pensait à sa bien-aimée, à son parfum, ses seins menus, bref à tout ce dont rêve un homme qu’une femme attend dans son lit. Soudain, au détour de la route, dans un brusque travers de vent, l’Eternueu éternua. Le garçon souleva poliment son chapeau et dit, la tête ailleurs :
- Le bon Dieu vous bénisse !
Le fantôme aussitôt apparut devant lui. Il était maigre, chauve et vêtu d’un drap blanc.
- Me voilà délivré, dit-il, la goutte au nez. Je fus un mauvais bougre, autrefois, en ce monde. Pour racheter mes fautes, Dieu fit de moi l’errant le plus original des campagnes françaises. Je ne pouvais pleurer, j’avais le cœur trop dur. Il me condamna donc à couler des narines et à éternuer jusqu’à ce qu’un vivant prononce simplement ces mots que tu as dits. Merci. La paix sur toi.
Le spectre disparut et depuis ce temps-là on n’a plus entendu ses fracas d’enrhumé. Cependant quand il pleut, on dit dans la contrée que là-haut, dans son paradis, l’Eternueu inguérissable éternue encore et toujours au creux d’un mouchoir de nuages, et nous postillonne dessus. Cela sera jusqu’au jour triste où quelque chercheur inspiré trouvera la potion fatale aux coryzas récalcitrants. De ce jour, le ciel sera sec. Et nous serons dans de beaux draps. "
(Henri Gougaud, L'Almanach)

A vos souhaits !

" Il faut être l’homme de la pluie et l’enfant du beau temps. "

(René Char)

" Il était une fois dans un lointain pays un village de terre blanche bâti entre fleuve et forêt. Champs opulents au bord de l’eau, gibier partout à portée d’arc dans les buissons et les feuillages, les gens avaient de quoi chanter, tous les matins, devant leur porte, l’alléluia des gens heureux. Et pourtant non, ils rechignaient à dire bonjour au soleil, à l’air tranquille, à leur voisin. Ils travaillaient peu (à quoi bon ? Ils avaient tout à suffisance), donc ils traînaient et papotaient du lever-tard au coucher-tôt. Or l’ennui est, en vérité, un serpent au venin sournois. Il pousse à médire des autres, pour faire un peu l’intéressant, puis il s’aigrit, se fait méchant, surtout quand un Smaïn qui passe en poussant sa chèvre devant néglige les petites guerres, se tient à l’écart des railleurs, bref fait le fier.
- Regardez-le. Pour qui se prend-il, celui-là ?
- Avec moi, je dois l’avouer, il a toujours été aimable.
- Hypocrite, oui !
- Vous croyez ?
- Evidemment. Ouvrez les yeux ! Mielleux comme un essaim d’abeilles !
- Il vit tout seul. Ce n’est pas franc.
- A mon avis, il est lépreux, dit une vieille tricoteuse. Il ne voit personne. C’est clair, il veut cacher sa maladie.
- Lépreux, Seigneur, c’est effrayant !
- Fatima, sais-tu la nouvelle ? Smaïn !
- Quoi donc ?
- Il est lépreux !
Du coup il fut tenu au large, on ferma les portes sur lui, les enfants lui coururent au train en lançant de loin des cailloux, les femmes, le voyant passer, grincèrent des griffes et des dents. On lui criait :
- Lépreux ! Lépreux !
Et Smaïn ne comprenait pas.

Il ne se sentait pas malade, « mais je dois l’être, pensait-il, puisque tout le monde le dit ». Quand il allait à la rivière il se penchait sur le courant, se palpait et se regardait.
- Fleuve, demandait-il, dis-moi, suis-je lépreux ?
Un jour quelqu’un lui répondit, non pas dans l’eau. Derrière lui. Il s’en était allé chercher loin du village la paix qui le fuyait.
- Apparemment non, mon garçon.
Il se retourna, vit un homme tout rabougri, tout guenilleux. « Un marabout », pensa Smaïn. Il n’avait rien que rire aux yeux, il respirait la bonté simple.
- Veux-tu bien que je te rassure ? Je sais un peu voir ce qui est. Viens ici, déshabille-toi.
L’autre se défit de ses hardes, le vieux le flaira, le palpa, de pied en cap l’examina.
- J’aimerais avoir ta santé, lui dit enfin le saint errant. Pourquoi crains-tu d’avoir la lèpre ?
Smaïn lui conta les ragots qui gâtaient sa vie au village.
- Pauvres gens, dit le marabout. Ils t’ont vu lépreux au-dehors parce qu’ils le sont au-dedans.
- Saint homme, venez les soigner.
- Je suis vieux, je n’ai pas le temps, je dois marcher jusqu’à la source, dit l’autre en désignant l’amont. Je crains qu’elle soit encore loin. Mais tu peux leur parler toi-même, non pas en paroles, bien sûr.
Il fouilla ses haillons crasseux. Une flûte lui vint aux doigts.
- En musique. Sais-tu jouer ? Retourne donc à ton village. Chaque fois que tu entendras quelqu’un médire ou se moquer, cracher une méchanceté derrière un passant de rencontre, joue de ta flûte, doux ou fort, parfois comme un corbeau criard, parfois comme une pie qui grince, selon les paroles des gens. Va donc, mon fils, aime la vie, et la vie t’aimera aussi.
Le marabout s’en fut le long de la rivière. Smaïn s’en retourna chez lui.

D’abord les gens furent surpris de le voir jouer du pipeau, et plus encore de l’entendre, car l’écho de leurs médisances avait un air si malicieux qu’ils s’en retrouvaient tout honteux. C’était comme si leurs pensées étaient dites en langue d’oiseau plus clairement qu’en mots humains. Hommes et femmes, peu à peu, cessèrent de se déchirer à coups de paroles pointues. Ils découvrirent des joies simples, et chacun s’en trouva content. L’homme qui n’avait pas la lèpre le fut aussi, évidemment. "

 

(Henri Gougaud, Le livre des chemins)

Et pour rester un peu sur cette idée de guerre et paix intérieures :
" Dans un pays aride s'élevait autrefois un arbre prodigieux.

Sur la plaine, on ne voyait que lui, largement déployé entre les blés et le ciel. Personne ne savait son âge.

Des femmes stériles venaient parfois le supplier de les rendre fécondes, les hommes en secret cherchaient auprès de lui des réponses à des questions inexprimables, mais personne jamais ne goûtait à ses fruits.

Ils étaient pourtant magnifiques, si luisants et dorés le long de ses deux branches maîtresses qu'ils attiraient les mains et les bouches des enfants ignorants.

Eux seuls osaient les désirer. On leur apprenait alors l'étrange et vieille vérité.

La moitié de ses fruits était empoisonné. Or tous, bons ou mauvais, étaient d'aspect semblable.

Des deux branches ouvertes en haut du tronc énorme, l'une portait la mort, l'autre portait la vie, mais on ne savait laquelle nourrissait et laquelle tuait. Et donc on regardait, mais on ne touchait pas.

Vint un été trop chaud, puis un automne sec, puis un hiver glacial. La famine envahit le pays. Seul sur la plaine, l'arbre demeura immuable. Aucun de ses fruits n'avait péri. Les gens, voyant ce vieux père miraculeusement rescapé des bourrasques, s'approchèrent de lui, indécis et craintifs. Ils se dirent qu'il leur fallait choisir entre le risque de tomber foudroyés, s'ils goûtaient aux merveilles dorées qui luisaient parmi les feuilles, et la certitude de mourir de faim, s'ils n'y goûtaient pas.

Comme ils se laissaient aller en discussions confuses, un homme dont le fils ne vivait plus qu'à peine osa soudain s'avancer. Sous la branche de droite il cueillit un fruit, le croqua et resta debout, le souffle bienheureux. Alors tous à sa suite se bousculèrent et se gorgèrent des fruits sains de la branche de droite qui repoussèrent aussitôt, à peine cueillis, parmi les verdures bruissantes.

Les hommes s'en réjouirent infiniment. Huit jours durant ils festoyèrent, riant de leurs effrois passés.

Ils savaient désormais où étaient les rejetons malfaisants de cet arbre : sur la branche de gauche. Leur vint une rancune haineuse. À cause de la peur qu'ils avaient eu d'elle, ils avaient failli mourir de faim. Ils la jugèrent bientôt aussi inutile que dangereuse. Un enfant étourdi pouvait un jour se prendre à ses fruits mortels que rien ne distinguait des bons. Ils décidèrent donc de la couper au ras du tronc, ce qu'ils firent avec une joie vengeresse.

Le lendemain tous les bons fruits de la branche de droite étaient tombés et pourrissaient dans la poussière. L'arbre amputé de sa moitié mauvaise n'offrait plus au grand soleil qu'un feuillage racorni. Son écorce avait noirci. Les oiseaux l'avaient fui. Il était mort. " (Henri Gougaud)

 

Croquez croquez......

 

N'hésitez pas à commenter !!

 

 

Penseuses, penseurs, bonjour ! C'est la rentrée pour la pensée aussi.
En voici une, pratique :
 
" L’énergie dont nous disposons n’est pas inépuisable, nous devons apprendre à la gérer. Pour cela, cesser de la dépenser à tort et à travers.
D’abord faire la paix en soi. Comment ? En cessant de faire la guerre bien sûr ! Entre autres, la guerre en soi contre les aspects de nous qui ne nous plaisent pas. "
 
(Henri Gougaud, en atelier)
N'hésitez pas à réagir, commenter, questionner ! Belle journée.

Et ces mots de Lorca pour vous éclairer jusqu'en septembre, la pensée s'absentant aux temps chauds :

" Je ne veux pas dessiner mais plutôt suggérer. Littéralement, animer. Blesser des oiseaux somnolents. Trouver un recoin obscur et l’éclairer du reflet d’un nuage allongé, offrir aux dames ici présentes quelques miroirs de poche. " (Federico Garcia Lorca, conférence sur les berceuses)

Bel été à tous.

" Demande à l’Autre la mère que tu n’as pas eue, et fais-la vivre. Demande à l’Autre le père que tu n’as pas eu, et fais le vivre. Accouche de ton père et de ta mère. " (Henri Gougaud)

 

 

 

" Créer, non posséder. Œuvrer, non retenir. Accroître, non dominer. " Lao Tseu

" Ce sont les grottes qui ont fondé les crânes.
Ce sont les monastères qui ont sauvé l’Occident.
L’humanité doit plus à la lecture qu’aux armes.
En Chine, la lecture de l’écrit fonde même la civilisation.
Quand tout le monde aura cessé de lire, la littérature redeviendra prisée. Cette expérience recréera ses ermitages. Aucune expérience humaine ne rivalise avec elle. Expérience la plus désocialisante qui fût. La plus anachorétique. Au point que son histoire n’a jamais transité de pays en pays. Passa de monastère en monastère. De moine en moine. De seul à seul. "
 
(Pascal Quignard)

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Commentaires : 7
  • #1

    Contat francoise fille de Simone e tournon (mercredi, 29 juin 2016 18:26)

    Cher parrain (les oralies)
    Cela fait plusieurs fois que je vous sollicite sans résultat. J'essaie à nouveau.
    Voudriez vous avoir la gentillesse de me donner votre avis sur les ecrits de mon site internet. Vous pouvez laisser un message sur le dit site j'en serais honorée.
    Bien respectueusement
    Françoise contat

  • #2

    Myriam Rubis (mercredi, 29 juin 2016 18:58)

    Il s'agit de ce site ? http://lescontesdelafee.e-monsite.com/pages/francoise-contat-conteuse/

    Je vais transférer à Henri Gougaud, si c'est bien celui-là.

    Cordialement

  • #3

    beylard (vendredi, 29 juillet 2016 13:21)

    Bonjour !
    je voudrais bien , à nouveau , recevoir la pensée du jour . Elle s'est

  • #4

    marie herpin (lundi, 07 novembre 2016 15:55)

    tout est beau, les mots sont beaux, merci

  • #5

    Monique Cabrot (jeudi, 29 décembre 2016 19:26)

    Bonjour

    Jusqu'à présent vous m'envoyiez la pensée du jour à mon adresse "live". Celle-ci est maintenant obsolète, pourriez-vous noter ma nouvelle adresse: mcabrot@gmail.com afin que je reçoive à nouveau votre pensée quotidienne que je transmets à mes amis conteuses et conteur de l'association : Mille et une paroles, qui l'attendent avec intérêt.
    Je vous remercie et vous souhaite une belle année enchantée par les contes.
    Monique Cabrot

  • #6

    CANTAGRILL Elisabeth (dimanche, 22 janvier 2017 19:03)

    Je serais trés heureuse de pouvoir recevoir à nouveau la pensée du jour , j'en aime tant la poésie !!!!!!!!!!!!!!! Merci !!!!!!!! et soleil dans le coeur à vous tous . Elisabeth.

  • #7

    Pensée du jour (dimanche, 22 janvier 2017 19:16)

    Mesdames, comment vous inscrire à la pensée si vous ne laissez pas votre adresse email !
    Envoyez-là à myriam.rubis@gmail.com

    Cordialement,

" Jamais peut-être faire chanter les choses n'a été plus urgente et noble mission à l'homme. " (Louis Aragon)

" Durant plus d'un jour de paresse j'ai pleuré sur le temps perdu. Pourtant il n'est jamais perdu, mon Seigneur ! Tu as pris dans mes mains chaque petit moment de ma vie.

 

Caché au cœur des choses, tu nourris jusqu'à la germination la semence, jusqu'à l'épanouissement le bouton, et la fleur mûrissante jusqu'à l'abondance du fruit.

 

J'étais là, sommeillant sur mon lit de paresse et je m'imaginais que tout ouvrage avait cessé. Je m'éveillai dans le matin et trouvai mon jardin plein de merveilles et de fleurs. "

(Rabindranath Tagore, philosophe, mystique, poète indien)

 

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  • #1

    beylard (vendredi, 29 juillet 2016 13:23)

    Bonjour !
    Je voudrais bien , à nouveau , recevoir la pensée du jour . Elle s'est arrêtée ...et me manque . Je vous embrasse

  • #2

    La musaraigne (vendredi, 29 juillet 2016 16:31)

    Bonjour. Pas d'inquiétude, la pensée vous reviendra en septembre. Elle se met au vert pendant les vacances scolaires. Mais rien qu'avec les dernières qui vous ont été servies, vous avez de quoi mouliner tout l'été ! Bien cordialement,

    la musaraigne

" C’était un chercheur patient, acharné. Il gravissait jour après jour la vertigineuse montagne où il espérait trouver quoi ? Le ciel ? La vérité ? Un ange qui l’accueillerait au pays de la Connaissance infinie ? Il ne savait pas. Il grimpait. L’à-pic était impitoyable. Il lui fallait tailler chaque jour une marche dans le rocher abrupt, et chacune à peine franchie derrière lui tombait en cendres. Pas le moindre espoir de retour. Dix, vingt ans il escalada. Il atteignit enfin la cime. Ciel sur la tête, brume aux pieds. Personne, là, pour l’accueillir. Sur le rocher venteux, sottement allongée, une simple échelle de bois. Où l’appuyer pour s’élever au-delà de la terre brute ? Plus de paroi, plus rien que l’air. L’homme pria et réfléchit, trouva enfin que faire d’elle. Il prit l’échelle, la dressa, l’appuya contre son dos droit. Alors sur le plus haut barreau, presque invisible dans l’espace, parut l’Ange, le sien, celui qui attendait de pouvoir enfin le rejoindre.
Le conte est dit, va le redire de bouche à oreille d’ami. "
(Henri Gougaud)

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Il y a un égoïsme sacré pour pouvoir être utile aux autres : il faut aussi s’intéresser à soi. Dans quel but ? Se connaître, recenser ses faiblesses et ses forces disponibles. Faire cela est de l’ordre de l’intelligence du cœur.
(Henri Gougaud, en atelier)

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  • #1

    Michèle DAVID (mercredi, 17 août 2016 04:34)

    Je vous écoute ...sur rtl vous êtes passionnant captivant IRRÉSISTIBLE UNIQUE Henry Gougaud!!!
    Je T'aime <3

  • #2

    marie herpin (lundi, 07 novembre 2016 15:58)

    Henri je vous aime, vous êtes unique et précieux

" Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l'homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l'animal,
Si tu ne sais, dans l'ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ? " Victor Hugo

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« J’en ai marre, mon petit chou, j’ai couru comme un dératé en criant mort aux vaches et cela me fait une belle jambe ! »

 

De fait, l’incongruité de cette phrase n’est qu’apparente. Chaque expression cache une histoire. Ecoute donc :

 

 

J’en ai marre vient du vieil allemand mar, qui signifie « diable ». J’ai mar (c’est à dire : « le diable m’habite ») était une expression couramment usitée au temps de Villon.

 

 

Mon petit chou, expression tendre, n’évoque en rien, malgré l’apparence, le légume que l’on sait. Ce chou-là est dérivé de l’ancien verbe chouer, qui a donné, en français moderne, choyer. Chou, qui vient donc de chouer, est en usage depuis le XI° siècle et signifie, tu l’as deviné, « chéri ».

 

 

Courir comme un dératé nous vient d’une croyance étrangement stupide. Les Grecs et les Romains pensaient que la rate empêchait les coureurs de dépasser les bornes. Cette idée subsista longtemps. Jusqu’au XVII° siècle, charlatans et médicastres s’obstinèrent à imaginer je ne sais quelles décoctions destinées à « faire fondre » la rate des athlètes dont l’ambition était de courir sans douleur, sans « point de côté », bref, comme des dératés.

 

 

Mort aux vaches ! Les vaches en question ne sont pas normandes mais, si l’on peut dire, germaniques. Wache, en allemand, signifie « sentinelle ». Paix, donc, aux ruminants. C’est vraiment aux gardiens de l’ordre que s’adresse ce cri vengeur.

 

 

Quant à la belle jambe que cela me fait, c’est dans l’épopée napoléonienne qu’il faut la chercher. « Cela me fait une belle jambe » fut la laconique réponse d’un grognard fraîchement amputé au maréchal Lannes qui venait de lui remettre la légion d’honneur.

 

(Henri Gougaud)

 

 

 

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« Oserai-je exprimer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute éducation ? Ce n’est pas de gagner du temps, c’est d’en perdre ». Jean-Jacques Rousseau

(Jean-Jacques Rousseau)

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Commentaires : 5
  • #1

    Marilena Monnin (mercredi, 15 juin 2016 18:50)

    Bonjour Monsieur Gougaud, que vos choix de parole du jour continuent très longtemps à nous nourrir de rêves , de légèreté .et de grâce.
    Merci maître.
    Marilena

  • #2

    LOÏ (mercredi, 15 juin 2016 20:29)

    Merci Henry
    Petite chanson:Si vous n'étiez sur cette terre, le monde serait-il entier?Lalalala...Musique§§§§§§§
    Merci d'être dans mon Monde...
    Marilena Loï
    (c'est curieux...il y a une autre Marilena au dessus!)

  • #3

    houot claudine (mercredi, 04 janvier 2017 20:28)

    Je vous souhaite une année pleines de petites étoiles,lumineuses,étranges et magnétiques;ensemble
    découvrons,partageons apprenons;;avecdouceur et poésie GRANDS MERCIS pour tous ces matins,ce rendez-vous avec la pensée
    merciMr HENRI GOUGAUD

  • #4

    houot claudine (mercredi, 04 janvier 2017 20:36)

    j'ai oublié de vous dire que la pensée avait disparue de mes mails;;;alors je réinitialise...MR Henri
    Gougaud savez-vous combien cette attention matinale est importante et necssaire pour nombreux d entrenous
    avec toute ma gratitude claudine

  • #5

    Myriam Rubis (jeudi, 05 janvier 2017 12:15)

    Claudine, pour que je puisse vous inscrire à la pensée, il me faut votre adresse email ! Merci.

Les contes sont peut-être les éveilleurs d'un savoir impossible à dire autrement.

" L’importance d’une parole se mesure à la place qu’elle prend durablement en chacun de nous, à ce qu’elle fait bouger en nous, à la terre intime qu’elle remue et fertilise. "Henri Gougaud