L'atelier selon Marie Faucher

 

 

            Atelier vient du mot ASTELLE, qui vient de ASTELA = ÉCLAT DE BOIS, qui a donné ATTELLE, la planche de bois du collier du cheval, là où on attache les traits de l’attelage. Et ATTELER voulait dire « conduire jusqu’au bout ». Entrer en atelier serait comme s’y atteler en faisant partie d’un attelage, pour aller jusqu’au bout d’un chemin, en y étant conduit.

 

 

 

            Entrer en atelier nous invite, à partir de notre matière, de notre morceau de bois pour apprendre à le travailler jusqu’au bout, à le transformer en une pièce qui s’adapte aux autres, à rentrer en apprentissage, à se laisser passer au rabot du travail, se faire un peu décaper (ce qui veut dire ôter la chape) le capuchon, se faire décapsuler, décapiter le mental). Se faire raboter les exigences, les impatiences, les précipitations, les prétentions, les vanités et les certitudes un peu vertes.

 

 

 

            Entrer dans un atelier, c’est en avoir choisi l’Enseignement, le Guide, le Patron. C’est y avoir été accepté et reçu. C’est d’une part un honneur, et d’autre part l’engagement d’y venir avec une notion d’humilité, d’obéissance, d’assiduité de paysan, ce qui ne veut pas dire manque de caractère et de personnalité, au contraire.

 

 

 

            Je ne veux parler que de ce que je connais, un atelier d’architecture dans les années 50.

 

            Le nouveau, l’apprenti apprenait d’abord et longtemps à balayer, allumer le poêle, sans le faire fumer, préparer les jus, nettoyer les pinceaux et les tire-barres. Il devait s’exercer interminablement à des copies, des traits, des barres, des hachures. S’il ne pouvait servir et apprendre à apprendre, il s’excluait de lui-même car c’est que son désir n’était pas à sa place, pas assez chevillé, et qu’il lui manquait les qualités essentielles d’attention, d’endurance et de patience, de bonne volonté, de persévérance en somme. Comme le dit le Yi-King, la persévérance est avantageuse.

 

 

 

            Si tous les nouveaux ne devenaient pas Patron, le Patron, lui, avait été nouveau et s’en souvenait.

 

 

 

            Il n’était pas question de se pavaner et se vanter de faire partie d’un atelier, mais d’être fier d’en être issu, et puis de rester dans le souci de ne pas faire honte à son nom.

 

 

 

            C’est ce que j’ai reçu, compris et gardé du sens d’un atelier et je vous le donne, en toute humilité, comme on me l’a donné, pour que ça ne se perde pas complètement, car ça m’a beaucoup servi. Si ça peut vous servir, j’en dirais grand merci.

 

 

 

Marie Faucher

 

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« Oserai-je exprimer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute éducation ? Ce n’est pas de gagner du temps, c’est d’en perdre ». Jean-Jacques Rousseau

(Jean-Jacques Rousseau)

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LA GAZETTE DE L'ATELIER
La voici, la voilà ! Celle que vous attendiez tous ! Elle vient de loin, elle a lutté pour survivre, mais elle n'en est que plus désirable ! Bon appétit !
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Un documentaire d'Yves Jeuland et des heures d'archives, véritables pépites, sur les cabarets de la rive gauche et les artistes qui y sont nés (Brel, Brassens, Gréco, Perret, Gribouille, Barbara, Ferré, Ferrat, les Frères Jacques, Cora Vaucaire.......Gougaud) :

 http://boutique.ina.fr/dvd/documentaire/arts-et-culture/PDTINA001874/il-est-minuit-paris-s-eveille.fr.html

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Commentaires: 2
  • #1

    Norbert (Thursday, 25 September 2014 15:24)

    Il n'y a qu'un mot après ce stage : merci.
    Merci à la vie de m'avoir mis là à ce moment
    Merci à tous ceux qui y étaient pour ce qu'ils étaient, pour ce qu'ils ont donné
    Merci à Myriam, petit clown, pour sa pétulance
    Merci à Henri pour ce qu'il a partagé, pour ce qu'il partage

    Norbert (devinez lequel)

  • #2

    henrigougaud (Wednesday, 01 October 2014 18:50)

    Henri et le clown te remercient, Norbert Lequel (Le petit suisse ?).
    Ce stage était un vrai bonheur... Bisous !

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  • #1

    ANNIE PEREZ (Tuesday, 11 February 2014 17:52)

    Il u avait le silence et il y eut le cri,
    Au dessus du cri vint le chant,
    Au dessus du chant vint la musique,
    Au dessus de la musique vint le langage,
    Au dessus du langage, la poésie,
    Au dessus de la poésie, quoi ? le silence ?
    Thierry MAULNIER

Les contes sont peut-être les éveilleurs d'un savoir impossible à dire autrement.

" L’importance d’une parole se mesure à la place qu’elle prend durablement en chacun de nous, à ce qu’elle fait bouger en nous, à la terre intime qu’elle remue et fertilise. "Henri Gougaud